Pourquoi penser à soi sans culpabiliser donne parfois mauvaise conscience ?
Dernière mise à jour : 16 sept.

« Je sais que j’aurais besoin de penser un peu plus à moi… ... mais dès que je le fais, je culpabilise. »
Cette phrase, je l’entends régulièrement en séance. Des femmes qui donnent beaucoup.À leurs enfants, à leur conjoint, à leur famille, à leur travail, à leurs proches. Elles pensent à tout. Anticipent. Organisent. Soutiennent. Écoutent. S’adaptent. Et lorsqu’elles commencent enfin à se demander :
« Et moi, de quoi ai-je besoin ? »
Une petite voix intérieure apparaît parfois :
« Tu pourrais quand même faire un effort. »
« Tu exagères. »
« Il y a plus important. »
« Tu vas décevoir quelqu’un. »
« Ce n’est pas le moment. »
Alors elles renoncent. Et recommencent à faire passer les autres avant elles. Mais pourquoi est-ce si difficile de penser à soi sans culpabiliser ?
Quand penser à soi sans culpabiliser a été associé à l'égoïsme
Pour certaines personnes, penser à soi n'a jamais été quelque chose de naturel. Elles ont appris très tôt à être attentives aux besoins des autres. À sentir l'ambiance.À éviter les conflits.À faire plaisir.À être « sages ».À ne pas déranger.À être disponibles.
Parfois, elles ont reçu consciemment ou inconsciemment le message que leur valeur dépendait de ce qu'elles apportaient aux autres.
Être une « bonne fille ». Une « bonne mère ». Une « bonne épouse ». Une « bonne collègue ». Une personne gentille, fiable, généreuse.
Alors, au fil du temps, un mécanisme peut s'installer :
je prends soin des autres → je me sens utile → je me sens à ma place.
Et inversement :
je pense à moi → je prends moins soin des autres → je risque de décevoir → je me sens coupable.
La culpabilité n'apparaît donc pas forcément parce que vous faites quelque chose de mal. Elle peut simplement apparaître parce que vous faites quelque chose de nouveau.
La culpabilité n'est pas toujours le signe que vous avez mal agi
C'est une distinction essentielle.
Nous avons parfois appris à considérer notre culpabilité comme une boussole morale :
« Si je culpabilise, c'est que je ne devrais pas faire ça. »
Mais ce n'est pas toujours vrai. Vous pouvez culpabiliser parce que vous avez réellement dépassé une limite ou blessé quelqu'un. Mais vous pouvez aussi culpabiliser simplement parce que vous êtes en train de sortir d'une ancienne habitude.
Dire non.
Ne pas répondre immédiatement.
Demander de l'aide.
Prendre une journée pour vous.
Refuser de rendre un service.
Dire que vous êtes fatiguée.
Ne pas être disponible.
Faire quelque chose uniquement parce que cela vous fait du bien.
Tout cela peut provoquer de la culpabilité lorsque vous avez été habituée à vous adapter en permanence.
La question devient alors :
« Est-ce que je fais quelque chose de mal… ou est-ce que je suis simplement en train de faire quelque chose de différent ? »
Votre corps peut avoir appris à dire oui avant même que vous ayez réfléchi
Cette difficulté ne se situe pas uniquement dans la tête. Elle peut aussi être profondément inscrite dans le corps. Certaines personnes ressentent immédiatement une tension lorsqu'elles envisagent de poser une limite.
Le ventre se serre.
La poitrine se contracte.
Le cœur accélère.
Une boule apparaît dans la gorge.
Une sensation d'urgence pousse à répondre rapidement, à expliquer, à se justifier ou à revenir sur sa décision.
Comme si dire « non » représentait un danger.
Dans ces moments-là, il ne s'agit pas simplement de se répéter :
« Je dois apprendre à m'affirmer. »
Parce que votre corps peut avoir appris autre chose. Il peut avoir appris que pour être en sécurité, il fallait s'adapter. Alors avant même que votre pensée ait le temps d'intervenir, votre système intérieur peut déjà vous pousser à faire plaisir, réparer, rassurer ou vous excuser. C'est aussi pour cela que certaines personnes comprennent parfaitement qu'elles ont le droit de penser à elles… mais n'arrivent pas à le ressentir réellement.
Et si vous n'aviez pas besoin de devenir plus égoïste ?
Penser à soi ne signifie pas devenir indifférente aux autres. Cela ne signifie pas :
« Je fais ce que je veux et tant pis pour vous. »
Il s'agit plutôt de retrouver une place plus juste.
Une place dans laquelle vos besoins existent eux aussi.
Vous pouvez aimer profondément vos enfants et avoir besoin de temps seule.
Vous pouvez aimer votre conjoint et avoir besoin d'espace.
Vous pouvez être généreuse sans être disponible en permanence.
Vous pouvez aider quelqu'un sans porter sa vie à sa place.
Vous pouvez être une personne profondément empathique sans vous oublier.
Prendre soin de soi n'est donc pas nécessairement prendre plus de place que les autres.
C'est arrêter de considérer que vous devez systématiquement passer après tout le monde.
Commencer petit pour penser à soi sans culpabiliser
Si penser à vous déclenche beaucoup de culpabilité, inutile de commencer par révolutionner votre vie. Commencez par écouter. Avant de répondre « oui », prenez quelques secondes.
Demandez-vous :
« Est-ce que j'en ai réellement envie ? »
« Est-ce que j'en ai l'énergie ? »
« Est-ce que je le fais par choix ou par peur de décevoir ? »
« Qu'est-ce que je ressentirais si je disais non ? »
Et surtout :
« De quoi ai-je besoin, moi, dans cette situation ? »
Il n'est pas nécessaire d'avoir immédiatement la réponse.
Parfois, apprendre à se choisir commence simplement par le fait de reconnaître que l'on existe aussi dans l'équation.
Vous avez peut-être appris à vous oublier.
Vous pouvez apprendre à revenir à vous.
La culpabilité n'est pas forcément votre ennemie.
Elle peut être le signal qu'un ancien fonctionnement est en train d'être questionné.
Et derrière cette culpabilité, il y a parfois une question beaucoup plus profonde :
« Est-ce que j'ai le droit d'exister pleinement sans avoir à mériter ma place ? »
C'est un chemin qui ne se résout pas toujours avec quelques conseils de développement personnel. Parce que derrière la difficulté à poser une limite, à dire non ou à prendre soin de soi peuvent se trouver des histoires personnelles, familiales et émotionnelles qui ont façonné notre manière d'être en relation.
En séance, je vous accompagne à revenir à ce qui se passe dans votre corps, dans vos émotions et dans votre histoire, pour comprendre ce qui vous empêche aujourd'hui de vous choisir sans vous sentir coupable. L'objectif n'est pas de devenir quelqu'un d'autre.
C'est de pouvoir progressivement être vous-même, sans avoir besoin de vous abandonner pour être aimée, acceptée ou en sécurité.
Et si vous commenciez simplement par vous écouter ?
Si vous vous reconnaissez dans cet article et que vous avez envie de comprendre ce qui se joue pour vous, je vous propose un premier échange.
Un temps pour déposer ce que vous vivez, mettre des mots sur vos besoins et voir ensemble si mon accompagnement peut vous correspondre.
Parce que prendre soin de vous ne devrait pas être quelque chose que vous devez mériter.





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